L’usine à gaz des complémentaires santé

Depuis le 1er janvier 2016, les remboursements des dépassements d’honoraires par les complémentaires santé sont plafonnés à 125% du plafond de la Sécurité sociale. Cette situation a entrainé l’émergence de restes à charge importants pour les patients, et cela ne va pas aller en s’améliorant puisqu’à compter du 1er janvier 2017, ces remboursements seront plafonnés à 100% du plafond de la Sécurité sociale.

Une enquête de 60 millions de consommateurs montre que sur les dix opérations les plus courantes, sept d’entre elles font l’objet, dans le secteur privé, d’un dépassement moyen supérieur à 100% du plafond de la Sécurité sociale ; les restes à charge atteignent désormais jusqu’à 1000 euros à certains endroits.

En instaurant ce plafonnement, Marisol Touraine a voulu taper au portefeuille les médecins pratiquant des dépassements d’honoraires, or les patients sont les premières victimes de ce dogmatisme. Les dépassements abusifs concernent une minorité des cas ; dans les autres cas, ils sont incompressibles, le tarif des actes augmentant moins vite que les charges professionnelles : selon le président de la Fédération des médecins de France, en 25 ans, les tarifs des assurances professionnelles pour les chirurgiens ont été multipliés par 35.

Une étude de la FNIM montre que 49% des assurés gagnant moins de 20 000 euros par an ont déjà renoncé à des soins pour des motifs financiers. Ajoutons que 53% des ménages modestes considèrent qu’il est compliqué financièrement de se permettre une complémentaire santé. La fracture entre les Français les plus favorisés et les plus précaires se creuse au fil de décisions ineptes de dirigeants déconnectés et aveuglés par l’idéologie.

Nous assistons à un mouvement dangereux : d’un côté Marisol Touraine limite la prise en charge par les complémentaires santé, de l’autre côté les candidats du système nous promettent la casse de notre système de Sécurité sociale : rappelons que François Fillon propose une privatisation de la Sécurité sociale, en transférant une grande partie des remboursements aux complémentaires, ce qui entrainera un renchérissement important des cotisations, déjà élevées pour des prestations s’amoindrissant.

En 2017, pour garantir à tous les Français une prise en charge optimale de leurs soins de santé, faites le bon choix : voter pour Marine Le Pen !

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L’aide médicale d’Etat revue à la hausse pour 2017

Le projet de loi de finances pour 2017 prévoit une augmentation de près de 10% des crédits alloués à l’Aide Médicale d’État (AME). Son budget prévisionnel s’établit désormais à 815 millions. Or, depuis de nombreuses années, on sait que le coût réel de l’AME est très éloigné de la somme budgétée par le gouvernement. Sur les trois dernières années, le budget initial de l’AME a été finalement dépassé de 15,3% à 26,51% !

La situation actuelle, caractérisée par un afflux massif de clandestins, tous potentiellement bénéficiaires de l’AME, fait craindre un grave dérapage budgétaire. En tenant compte des dépassements observés au cours des dernières années et de la crise des migrants, le coût réel de l’AME en 2017 dépassera largement le milliard d’euros. Il est également à noter que l’AME ne s’applique pas à Mayotte, mais que les frais de santé des immigrés clandestins en territoire mahorais représentent plus de 30 millions d’euros supplémentaires.

Si notre humanité nous impose d’aider les personnes nécessitant des soins urgents, sans lesquels ces personnes mourraient, l’AME permet le remboursement intégral sans ticket modérateur ni franchise de la quasi-totalité des soins. Incluse dans le budget de l’État, l’AME est financée par les impôts des contribuables français, qui, eux, doivent faire face à des restes à charges de plus en plus importants, notamment depuis le plafonnement des remboursements des organismes complémentaires d’assurance maladie, instauré par Marisol Touraine. L’AME est une formidable manne pour le tourisme sanitaire et la fraude, comme le dénoncent Laurent Lantieri et Jean Leonetti. Il est fréquent d’entendre que les clandestins renonceraient en fait à recourir à l’AME de peur d’être repérés et arrêtés, or plus de 300 000 personnes présentes illégalement sur notre territoire bénéficient actuellement de cette aide, pour une consommation de services et biens médicaux équivalente à celle des citoyens Français (environ 2500-3000€ par personne). De plus, les hôpitaux peinent la plupart du temps à obtenir de l’Etat un remboursement total des frais engagés pour soigner les bénéficiaires de l’AME, laissant ainsi à la charge de l’hôpital des frais conséquents.

Aujourd’hui 20% des Français renoncent aux soins dentaires et d’optiques, la moitié des foyers ayant un revenu mensuel inférieur à 1200€ trouve financièrement compliqué de se permettre une assurance complémentaire, près d’un Français sur trois admet avoir renoncé à des soins pour des raisons financières… Le massacre de notre système de santé ne devrait pas s’arrêter de sitôt, Marisol Touraine ayant annoncé que 4 milliards d’euros d’économies devraient être réalisées en 2017 sur l’Assurance Maladie, après avoir affirmé haut et fort que le quinquennat de François Hollande avait « sauvé la Sécu », en se gardant bien de préciser que la dette sociale française atteint 160 milliards d’euros, que l’Assurance Maladie prévoit un déficit de 2,6 milliards en 2017, quand celui du Fonds de Solidarité Vieillesse frôlera les 4 milliards.

Le Collectif « Usagers de la Santé » propose de supprimer l’AME et de la remplacer par une aide exclusivement applicable pour les patients dont le pronostic vital est engagé ou en cas de risque majeur de santé publique. Il est également essentiel de garantir à tous les Français une prise en charge adéquate des soins coûteux (notamment l’optique, et le dentaire), et d’arrêter la vague de déremboursements, qui interviennent parfois sans réelle justification. Une refonte globale du système de santé et de sécurité sociale doit être opérée afin de lutter contre la fraude, le gaspillage, et la désorganisation qui coûtent très cher aux Français.

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Le chômage tue quatre fois plus que les accidents de la route

Le chômage est à ce jour la première préoccupation des Français. En mai 2016, 5,69 millions de Français étaient inscrits en tant que demandeurs d’emploi, dans les catégories A, B et C. Ce fléau touche de manière très brutale les travailleurs peu qualifiés, les jeunes, les femmes, les séniors, ainsi que les personnes en situation de handicap. Depuis la crise de 2008, le taux de chômage a augmenté de près de 50% dans notre pays.

Le chômage s’accompagne la plupart du temps d’une situation deprécarité financière, l‘indemnisation, quand elle existe, ne joue qu’un rôle de filet de secours temporaire. Cependant, le chômage de longue durée fait rage, ce dernier pouvant s’étendre bien au-delà de la période d’indemnisation génère une pauvreté inouïePoint de compensation financière, ni de couverture santé efficace pour les victimes des politiques économiques menées depuis des décennies. Outre les difficultés financières qu’il entraine, le chômage a un impact social majeur : risque accru d’isolement et de séparation conjugale (les 700 licenciements récents chez Continental ont causé 250 séparations)équilibre familial perturbéconséquences sur la scolarité des enfants, etc

L’INSERM estime que les conséquences médico-psycho-sociales du chômage entrainent entre 10 et 14000 décès annuels, notamment en raison d’une prévalence plus élevée des maladies cardio-vasculaires et des cancers chez les personnes en situation de précarité : une augmentation de la consommation d’alcool et de tabac en raison du stress et de l’anxiété que provoque la précarité, ainsi qu’une alimentation de mauvaise qualité notamment en raison de revenus faibles, peuvent expliquer ces effets néfastes sur la santé. Du point de vue de la santé mentale, un quart de nos concitoyens en situation de recherche d’emploi sont sujets à la dépression (24% des hommes et 26% des femmes; Dares, 2015), et la courbe des suicides suit celle du chômage (une augmentation du taux de chômage de 10% entraîne une hausse de 1,5% du nombre de suicides), alors que notre pays est déjà un mauvais élève en la matière.

Cet aspect du chômage est souvent ignoré et une certaine lassitude vis-à-vis du chômage s’installe dans la population, entrainant un regard souvent négatif sur nos compatriotes sans emploi. En l’état actuel de notre pays, rien ne laisse présager une amélioration significative sur le plan de l’emploi, qui devient un véritable enjeu de santé publique de par les dégâts collatéraux qu’il engendre. Il peut être pertinent de créer un service de médecine préventive pour les demandeurs d’emploi, tel qu’il existe dans les entreprises pour les travailleurs, afin de minimiser l’impact médico-psychologique de la précarité, en offrant un accès à des soins adaptés, et à un soutien psychologique, aux demandeurs d’emploi, et assurer une prévention adéquate au plus proche de la situation des précaires.

Il est nécessaire d’agir sans plus attendre pour retrouver l’emploi dans notre pays, puisque la situation intenable dans laquelle nous avons été plongés par des décennies d’une gouvernance dangereuse impacte fortement la santé mentale et physique des Français, leur intégration sociale, et pèse également très lourdement sur les finances publiques.