Vague de suicides dans les hôpitaux

Le suicide du Dr Megnien, cardiologue à l’hôpital Georges Pompidou, le 17 décembre 2015 a finalement été considéré comme « homicide involontaire » par l’inspection du travail. Cette conclusion corrobore les informations qui avaient déjà filtré, mettant gravement en cause la gestion administrative de cet hôpital et évoquant le harcèlement professionnel dont ce praticien était victime.

Plus récemment, le suicide d’un infirmier, dans des conditions similaires et dans le même hôpital, montre évidemment que rien n’a changé dans les modes de gestion, toujours fondés sur la recherche obstinée de productivité et les économies drastiques, au mépris du respect de la personne humaine.

Il serait faux de croire que ces drames ne touchent qu’un hôpital parisien. Partout en France, on déplore des suicides parmi les membres du personnel, et tout particulièrement au sein de ceux qui sont en contact direct avec les patients. Six en un an par exemple rien qu’au CHU de Toulouse. La seule réponse de l’administration consiste à faire des « enquêtes », semblant malheureusement confirmer ainsi qu’elle ne comprend toujours pas les causes de ces drames !

Les méthodes actuelles de gestion des hôpitaux, édictées par Madame la Ministre et la logique du tiroir-caisse, sont obsolètes et dangereuses. Il est grand temps de changer de cap. Marine Le Pen le fera.

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Les infirmiers ont enfin leur propre Code de déontologie

Ce dimanche 27 novembre a été approuvé par décret la reconnaissance du Code de déontologie de la profession d’infirmier. Il se substitue aux règles professionnelles de 1993.

Ce Code, attendu depuis plus de dix ans, comprend l’ensemble des droits et devoirs des infirmiers (secret professionnel, respect de leur volonté concernant le refus ou l’interruption des soins, …), et clarifie les relations avec les patients et les autres professionnels de santé.

Le Collectif Usagers de la santé, et sa vice-présidente Nicole Hugon, infirmière, se réjouissent de cette nouvelle, dans la mesure où la publication de ce Code de déontologie signe une meilleure reconnaissance de la profession infirmière, et règle une situation aberrante, telle que nos confrères médecins et sages femmes sont dotés d’un tel code depuis plusieurs décennies !

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Marisol Touraine promet 478 médecins de plus… dans 10 ans !

Le 24 novembre, Marisol Touraine a annoncé que l’édition 2017 du concours d’accès aux études de santé admettrait 478 étudiants supplémentaires, répartis sur 22 facultés de médecine. Il s’agit d’une augmentation de 6,2% au niveau national.

Cette augmentation est risible, puisque l’on estime qu’en 2020 le nombre de médecins par habitant sera inférieur de 7% à celui de 2007, tandis que la population vieillit, que les pathologies chroniques sont en recrudescence, et qu’ainsi les besoins augmentent fortement. La pénurie de médecins, notamment généralistes, et la désertification médicale de certains territoires ne seront pas enrayées par cette mesurette, sur laquelle même les organisations professionnelles et étudiantes émettent des réserves.

S’il faut relever le numerus clausus pour former plus de médecins dans les universités françaises, cette mesure ne peut pas intervenir de manière isolée. Il faut également doter les facultés de médecine et les hôpitaux associés des moyens financiers, matériels et humains pour assurer la formation des étudiants supplémentaires. De plus, selon le Conseil de l’Ordre des médecins, plus d’un quart des jeunes diplômés en médecine n’exerceront pas la médecine, préférant se diriger vers d’autres carrières. Il faut également tenir compte de cette statistique pour adapter le numerus clausus, les 6,2% annoncés par Marisol Touraine ne compensent pas les 25% d’admis qui ne s’inscriront jamais à l’Ordre. Un oral de motivation au concours de première année de médecine permettrait d’intégrer le facteur humain à une sélection qui se base exclusivement sur des critères académiques.

Beaucoup de choses peuvent être faites, en adoptant une approche globale et à long-terme en sortant de l’électoralisme et des effets d’annonce. On ne badine pas avec la santé des Français.

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Communiqué de Nicole Hugon

   Cher(e)s collègues,

   Le 8 novembre dernier, les trois collèges (public, libéral et privé) ainsi que tous les modes d’exercices de la profession d’infirmier se sont réunis publiquement pour protester contre leurs conditions de travail.

   Lors du lancement de notre collectif, je lançais déjà un cri de détresse et rappelais le déclin quotidien de notre profession, minée par des salaires de plus en plus misérables, une pénibilité croissante, un manque de reconnaissance de la profession dans ses responsabilités exigeantes, une surcharge de travail, une nomenclature des actes libéraux obsolète avec des tarifs dérisoires, des réductions de prise en charge et des actes non rétribués.

   Nous n’attendons plus grand chose du Ministère compte tenu de la politique qu’il mène depuis le début du quinquennat, cependant nous espérons que ce vaste mouvement permettra à Marisol Touraine, ainsi qu’à tous les responsables politiques en charge de la santé, de prendre au sérieux ces légitimes revendications, avant que d’autres plus amples encore ne voient le jour demain.

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Nicole Hugon
Infirmière libérale
Vice-présidente du collectif

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Pharmacies en danger : plus qu’un cri d’alarme, un appel au secours !

   En France, tous les deux jours, une pharmacie met la clé sous la porte. Rien qu’au premier trimestre 2016, 50 officines ont cessé leur activité. Par ailleurs, alors qu’il avait déjà reculé de 1% en 2014, le chiffre d’affaire des pharmacies a encore diminué de 1,4% en moyenne en 2015, et jusqu’à -3.4 % pour les plus petites officines. Avec une marge commerciale qui ne cesse de s’éroder et un excédent brut d’exploitation en repli constant : la pharmacie française est en danger !

   Face à ce constat, en juillet dernier, les représentants de neuf organisations professionnelles (Ordre National des Pharmaciens, Étudiants en Pharmacie, Pharmacie Rurale, Groupements et Enseignes, …) ont rédigé un « Manifeste pour la défense de la pharmacie d’officine », avec pour objectif d’amener le gouvernement et la Ministre de la Santé à prendre leurs responsabilités.

   Depuis trop longtemps, pour les gouvernements de gauche ou de droite, la pharmacie est le parent pauvre du système de santé et trop souvent une variable d’ajustement du déficit budgétaire de la sécurité sociale. « Se plaindre en silence, c’est terminé », selon le président d’un des syndicats rédacteurs du Manifeste.

   Les pharmaciens sont bien décidés à se faire entendre et la rentrée pourrait être mouvementée si aucune proposition ne devait leur être faite. Les pistes sont pourtant nombreuses afin d’inverser une situation qui pénalise et pénalisera les usagers de la santé.

   Les 22000 officines pharmaceutiques françaises représente un secteur de 110000 hommes et femmes au service de la population. Elles accueillent quotidiennement 3 millions de Français, sont ouvertes six jours par semaine, organisent les gardes le dimanche et la nuit afin d’assurer un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Quelques pistes de réflexion pour apporter des solutions au secteur de la pharmacie d’officine :

  • Ouvrir des missions de prévention et de dépistage aux pharmaciens, permettant de pallier une baisse du nombre de médecins généralistes proche de 10% au cours des 10 dernières années et qui touche 81 départements ;
  • Favoriser la coordination interprofessionnelle, en particulier grâce au dossier numérique, pour assurer au mieux le suivi d’une population qui, comme dans tous les pays d’Europe, vieillit ;
  • Élargir le droit de substitution des médicaments « bio-similaires » ainsi que le répertoire de médicaments génériques ;
  • Délister certaines molécules actuellement sur prescription médicale obligatoire (un potentiel de 90 médicaments qui pourraient passer en prescription médicale facultative) ;
  • Revaloriser les entretiens thérapeutiques et la mise en place des tests rapides de diagnostic ;
  • Développer la médication officinale assortie de l’assurance du monopole de délivrance.

   Dès lors que les pharmaciens sont prêts à assurer leur rôle d’acteur majeur du parcours de soin et du système de santé, le Collectif Usagers de la Santé n’hésitera pas à relever ce défi avec eux, un défi va bien au-delà de l’assurance d’une délivrance sécurisée du médicament.

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Suicide d’une infirmière à l’hôpital Monod du Havre

Nous apprenions cette semaine, avec consternation et douleur, la disparition subite d’une infirmière de l’hôpital Monod du Havre, qui a mis fin à ses jours. Nos pensées vont d’abord à sa famille, à qui nous présentons nos condoléances, ainsi que notre soutien dans cette épreuve.

Dans la lettre qu’elle a laissée derrière elle, l’infirmière met en cause principalement les conditions de travail dans lesquelles le personnel évolue au sein de cet établissement. Elle y dénonce la pression exercée par sa hiérarchie qui, dans le cadre d’une politique de suppression de postes et de polyvalence, réorganise l’hôpital sans concertation, chamboulant la répartition du travail, poussant les personnels à bout de leurs capacités physiques et psychologiques.

Dans son courrier, l’infirmière aurait remis en cause, entre autres, le cas d’un enfant qu’elle aurait dû prendre en charge en réanimation, dans des conditions nécessitant des compétences spécifiques auxquelles elle n’avait pas été formée. Elle en avait notamment fait part à un cadre de l’hôpital qui était resté sourd à ses réticences quant à son changement de service.

Cela fait de nombreuses années que les personnels soignants pointent des conditions de travail se détériorant jour après jour : surcharge de travail, manque de personnel, pénibilité non reconnue, stress permanent mal évalué, salaire dérisoire au vu des responsabilités, …

Le Collectif Usagers de la Santé demande que le budget des hôpitaux soit réévalué afin de pouvoir recruter suffisamment de personnel et permettre des conditions d’exercice optimales pour le bien-être des soignants et des patients. Le salaire des personnels soignants doit être revu à la hausse, et la pénibilité de ces métiers doit être reconnue à sa juste valeur. Le management hospitalier ne doit pas mimer celui de l’entreprise, car l’hôpital n’est pas une usine, la santé n’est pas un bien marchand; dans ce cadre, le stress intense et la pression peuvent entrainer des erreurs fatales. Le suicide des soignants doit également être considéré comme un accident du travail, et des mesures préventives doivent être mises en place, notamment par le biais de la médecine du travail. Il est urgent d’agir pour l’hôpital, les soignants et la santé des Français.

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La farce des négociations conventionnelles

Après 13 réunions avec les instances da la CNAMTS en 4 mois, deux syndicats de médecins (le BLOC et la CSMF) ont quitté la table des négociations. Les autres sont à deux doigts de faire de même. 

Ils ont ainsi manifesté leur écœurement devant l’indigence des propositions qui leur ont été faites en matière de revalorisation des actes médicaux. Mais ils protestent surtout contre une politique de santé absurde décidée par des technocrates coupés de la réalité et disposés à donner toujours plus de pouvoirs aux mutuelles et autres assurances complémentaires.

L’obstination des pouvoirs publics à vouloir réguler le secteur 2 et à faire des économies à tout prix les empêche de voir et d’analyser les véritables problèmes qui  sont en train de mettre en danger la santé des Français. Parmi ceux-ci, l’extension des déserts médicaux, l’allongement des délais d’attente et la surcharge des services d’urgence sont les symptômes prémonitoires d’une catastrophe inéluctable si rien n’est fait pour y remédier. Et encore faut-il savoir que la durée hebdomadaire moyenne de travail des médecins français est de 50 heures. Quand va-t-on enfin prendre en compte le caractère éreintant d’un exercice de plus en plus dévalorisé?

Le Collectif Usagers de la Santé réaffirme la nécessité d’une réflexion en profondeur sur les conditions de prise en charge de la santé des Français. Cette réflexion doit être menée de façon transparente et collégiale avec tous les intervenants, médecins, paramédicaux et usagers de la santé. Elle doit exclure toute attitude dogmatique, s’attacher à maintenir l’équilibre entre secteur public et secteur privé, source de saine émulation, tout en tenant compte de l’évolution des techniques et des mentalités. Malheureusement, toutes les actions engagées par les gouvernements successifs depuis des années n’ont été que propagande, démagogie et désinformation au profit des carrières politiques et intérêts personnels des uns et des autres. Il est grand temps que les acteurs du système de santé reprennent la main.

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Les médecins ne sont pas des surhommes

Les médecins ne sont pas des surhommes. Ils sont des être humains, confrontés aux aléas de la vie, au stress, au surmenage… L’Ordre des Médecins a mené une enquête en 2015 sur les conditions de vie des étudiants en médecine et des jeunes médecins.

De cette consultation sont sortis des résultats inquiétants. Près d’un quart des jeunes médecins et étudiants en médecine déclare avoir un état de santé moyen ou mauvais. Ainsi le tiers des étudiants en médecine et plus de la moitié des internes ont eu au moins un arrêt de travail au cours des deux dernières années, la plupart du temps en raison d’un trouble somatique (80%), moins fréquemment en raison d’un trouble psychique (20%).

De manière plus alarmante, 14% des jeunes médecins et étudiants en médecine déclarent avoir des idées suicidaires, dont plus de la moitié travaille plus de 48h par semaine et considère son état de santé comme mauvais ou moyen. Aussi, la consommation de médicaments est importante chez les jeunes médecins et les étudiants, notamment la prise d’antalgiques et d’anxiolytiques. En revanche, malgré une consommation importante de certains médicaments, seuls 32% des répondants avaient consulté un praticien de médecine générale au cours de la dernière année.

Les jeunes médecins et étudiants en médecine sont soumis à rude épreuve. Presque la moitié (40%) d’entre eux travaille entre 48 et 60 heures par semaine. Peu de repos, et beaucoup de stress : la moitié d’entre eux déclare être confrontée au stress chaque semaine. Ces conditions de travail ont un impact direct sur la vie sociale, les performances au travail, et la consommation de substances addictogènes. Ainsi, un tiers des jeunes médecins et étudiants en médecine consomme de l’alcool tous les jours ou plusieurs fois par semaine, et pour 4%, des psychotropes.

Le surmenage des jeunes médecins est une réalité qu’il est nécessaire de prendre en compte. Le burn-out sévit de plus en plus, en raison du poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes praticiens ; ce mal est insidieux puisqu’il peut se propager rapidement en raison de la surcharge de travail induite par l’absence d’un collègue. Les hôpitaux manquent cruellement de moyens, il est nécessaire d’arrêter la casse et d’augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière pour garantir un exercice de la médecine dans des conditions optimales pour le bien-être de tous, praticiens et patients. Il est également nécessaire d’agir en amont afin que les services d’urgence cessent d’être surchargés de cas ne présentant aucune situation d’urgence.

Journée internationale des infirmières et infirmiers

Lettre de Marine Le Pen aux infirmières et infirmiers

Aujourd’hui, comme chaque 12 mai, a lieu la Journée Internationale des Infirmières et Infirmiers. C’est l’occasion pour moi de rendre un hommage mérité à celles et ceux qui, par vocation, se sont engagés à donner de leur personne pour notre bien-être et prendre soin de nous dans les moments les plus difficiles, comme les plus heureux. Les infirmiers constituent le socle de notre système de santé, ils sont représentés à tous les étages et dans toutes les spécialités.

Sur ces individus d’exception reposent bien souvent des responsabilités énormes pour lesquelles ils n’ont que peu de reconnaissance, financière ou morale. C’est ainsi qu’un infirmier hospitalier débutant percevra en moyenne un traitement net de 1600€, inférieur de 10% au salaire médian des Français. Le pouvoir d’achat des fonctionnaires hospitaliers, en particulier des infirmiers, s’effondre de manière continue, année après année, dans la plus grande indifférence des autorités. Pas d’étonnement si la tentation d’aller exercer à l’étranger est grande, notamment dans les régions frontalières : le salaire moyen des infirmiers luxembourgeois est deux à cinq fois supérieur à celui de leurs homologues français. Les infirmiers doivent être rémunérés à la hauteur de leurs compétences et de l’importance qu’ils jouent dans notre système de santé. Lire la suite