Affaire de la Dépakine : vers un nouveau scandale d’État ?

La Dépakine est un médicament utilisé dans le traitement de l’épilepsie et des troubles bipolaires, commercialisé depuis 1967 par le laboratoire Sanofi. Or, depuis les années 1980, des études ont établi un lien entre prise de Dépakine et malformations fœtales, sans que les femmes enceintes prenant ce traitement n’en soient averties.

Ce n’est qu’en 2010 que les risques de malformations fœtales ont été ajoutés à la notice du médicament. Depuis 2015, les femmes enceintes doivent signer un consentement éclairé avant la prise du traitement. Ces mesures interviennent plus de 30 ans après les premières constations scientifiques des effets néfastes de la Dépakine sur les enfants à naître. En février dernier, l’Inspection Générale des Affaires Sociales estimait que la Dépakine avait causé environ 450 cas de malformations congénitales entre les seules années 2006 à 2014, et dénonçait le « manque de réactivité » des autorités sanitaires et du ministère de la santé. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) quant à elle évalue à 10000 le nombre de femmes enceintes traitées par Dépakine entre 2007 et 2014, or des études établissent à 10% le risque de malformation fœtale, et entre 30 et 40% le risque de troubles comportementaux, tels que les troubles du spectre autistique, chez l’enfant à naitre. Ces estimations sont contenues dans un rapport dont Marisol Touraine semble avoir voulu retarder la parution, selon le Canard enchainé. Étant donné que les risques attenants à ce traitement sont connus depuis plusieurs décennies, Marisol Touraine et ses prédécesseurs sont largement responsables de la situation actuelle.

Plusieurs dizaines de famille s’apprêtent à déposer plainte contre le laboratoire Sanofi et l’ANSM pour non signalement d’effets indésirable, tromperie aggravée, et blessures involontaires. Des centaines, voire des milliers d’enfants, pourraient être concernés. Toute la lumière doit désormais être faite sur cette affaire afin de déterminer les responsabilités et apporter un commencement de réponse aux victimes.

Le Collectif « Usagers de la santé » souhaite que les lanceurs d’alerte soient protégés juridiquement, eux qui se retrouvent souvent seuls contre tous et soumis à de fortes pressions. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament doit voir son action évaluée, afin de tirer les conséquences de la situation actuelle. Il est nécessaire de garantir aux Français une prise en charge basée sur les connaissances médicales les plus récentes, et évaluer en toute indépendance le rapport bénéfice-risque des médicaments sur lesquels un doute devait peser. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’efficacité de la Depakine dans le traitement de l’épilepsie, mais d’assurer une information adéquate aux patients susceptibles de subir des effets indésirables graves (ici, les femmes en âge de procréer). Le ministre chargé de la santé doit exercer ses fonctions de manière neutre et indépendante, loin de l’influence des laboratoires pharmaceutiques.
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Suicide d’une infirmière à l’hôpital Monod du Havre

Nous apprenions cette semaine, avec consternation et douleur, la disparition subite d’une infirmière de l’hôpital Monod du Havre, qui a mis fin à ses jours. Nos pensées vont d’abord à sa famille, à qui nous présentons nos condoléances, ainsi que notre soutien dans cette épreuve.

Dans la lettre qu’elle a laissée derrière elle, l’infirmière met en cause principalement les conditions de travail dans lesquelles le personnel évolue au sein de cet établissement. Elle y dénonce la pression exercée par sa hiérarchie qui, dans le cadre d’une politique de suppression de postes et de polyvalence, réorganise l’hôpital sans concertation, chamboulant la répartition du travail, poussant les personnels à bout de leurs capacités physiques et psychologiques.

Dans son courrier, l’infirmière aurait remis en cause, entre autres, le cas d’un enfant qu’elle aurait dû prendre en charge en réanimation, dans des conditions nécessitant des compétences spécifiques auxquelles elle n’avait pas été formée. Elle en avait notamment fait part à un cadre de l’hôpital qui était resté sourd à ses réticences quant à son changement de service.

Cela fait de nombreuses années que les personnels soignants pointent des conditions de travail se détériorant jour après jour : surcharge de travail, manque de personnel, pénibilité non reconnue, stress permanent mal évalué, salaire dérisoire au vu des responsabilités, …

Le Collectif Usagers de la Santé demande que le budget des hôpitaux soit réévalué afin de pouvoir recruter suffisamment de personnel et permettre des conditions d’exercice optimales pour le bien-être des soignants et des patients. Le salaire des personnels soignants doit être revu à la hausse, et la pénibilité de ces métiers doit être reconnue à sa juste valeur. Le management hospitalier ne doit pas mimer celui de l’entreprise, car l’hôpital n’est pas une usine, la santé n’est pas un bien marchand; dans ce cadre, le stress intense et la pression peuvent entrainer des erreurs fatales. Le suicide des soignants doit également être considéré comme un accident du travail, et des mesures préventives doivent être mises en place, notamment par le biais de la médecine du travail. Il est urgent d’agir pour l’hôpital, les soignants et la santé des Français.

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Marisol Touraine n’aime pas les personnes âgées

Contre l’avis des médecins, des familles, et surtout des associations qui prennent en charge les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la Haute Autorité de la Santé, dépendant du ministère, veut dérembourser les quatre médicaments utilisés dans cette maladie.

Cette décision politique, indigne au 21ème siècle dans un pays moderne, et qui vient de l’analyse du Service Médical Rendu (SMR) est prématurée, injustifiée, et dangereuse dans le cadre de la prise en charge globale de la maladie d’Alzheimer.

Outre les effets positifs, aussi bien thérapeutiques que psychologiques des ces traitements, nous sommes face à un choix de société, avec un très mauvais signal envoyé aux familles, aux patients, qui sont souvent des Personnes Âgées atteintes par cette maladie, les incitant à penser que l’on ne peut rien faire pour eux, et qu’ils coûtent trop cher à la collectivité.

La prise en charge de ces 4 médicaments par la Sécurité Sociale était en 2011 de 65%, elle est aujourd’hui de 15%, et demain de 0%, ce qui entraînera pour tous ces patients un arrêt de la prise en charge des mutuelles, et qui obligera ces patients à assurer personnellement la prise en charge financière totale de ces traitements.
La conséquence immédiate sera pour un grand nombre d’entre eux l’abandon de toute thérapeutique.

Plusieurs médicaments « dits de confort  » utilisés essentiellement par les Personnes Agées avaient déjà été déremboursés, et pourtant, les études réalisées montrent que sur le long terme, aucune économie n’est réalisée par la sécurité sociale.

  • En 2012 la réforme fiscale a fait perdre aux Personnes Âgées les quelques maigres avantages qu’ils avaient acquis
  • En 2015 l’augmentation de la CSG va pénaliser 460 000 retraités,
  • Aujourd’hui on attaque une nouvelle fois le pouvoir d’achat des personnes âgées à travers ce qui est essentiel à leurs yeux, leur santé, juste pour les priver d’un peu de confort médicamenteux sans danger.

Une société incapable de respecter et de prendre en charge ses aînés est une société sans avenir.

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La farce des négociations conventionnelles

Après 13 réunions avec les instances da la CNAMTS en 4 mois, deux syndicats de médecins (le BLOC et la CSMF) ont quitté la table des négociations. Les autres sont à deux doigts de faire de même. 

Ils ont ainsi manifesté leur écœurement devant l’indigence des propositions qui leur ont été faites en matière de revalorisation des actes médicaux. Mais ils protestent surtout contre une politique de santé absurde décidée par des technocrates coupés de la réalité et disposés à donner toujours plus de pouvoirs aux mutuelles et autres assurances complémentaires.

L’obstination des pouvoirs publics à vouloir réguler le secteur 2 et à faire des économies à tout prix les empêche de voir et d’analyser les véritables problèmes qui  sont en train de mettre en danger la santé des Français. Parmi ceux-ci, l’extension des déserts médicaux, l’allongement des délais d’attente et la surcharge des services d’urgence sont les symptômes prémonitoires d’une catastrophe inéluctable si rien n’est fait pour y remédier. Et encore faut-il savoir que la durée hebdomadaire moyenne de travail des médecins français est de 50 heures. Quand va-t-on enfin prendre en compte le caractère éreintant d’un exercice de plus en plus dévalorisé?

Le Collectif Usagers de la Santé réaffirme la nécessité d’une réflexion en profondeur sur les conditions de prise en charge de la santé des Français. Cette réflexion doit être menée de façon transparente et collégiale avec tous les intervenants, médecins, paramédicaux et usagers de la santé. Elle doit exclure toute attitude dogmatique, s’attacher à maintenir l’équilibre entre secteur public et secteur privé, source de saine émulation, tout en tenant compte de l’évolution des techniques et des mentalités. Malheureusement, toutes les actions engagées par les gouvernements successifs depuis des années n’ont été que propagande, démagogie et désinformation au profit des carrières politiques et intérêts personnels des uns et des autres. Il est grand temps que les acteurs du système de santé reprennent la main.

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Les médecins ne sont pas des surhommes

Les médecins ne sont pas des surhommes. Ils sont des être humains, confrontés aux aléas de la vie, au stress, au surmenage… L’Ordre des Médecins a mené une enquête en 2015 sur les conditions de vie des étudiants en médecine et des jeunes médecins.

De cette consultation sont sortis des résultats inquiétants. Près d’un quart des jeunes médecins et étudiants en médecine déclare avoir un état de santé moyen ou mauvais. Ainsi le tiers des étudiants en médecine et plus de la moitié des internes ont eu au moins un arrêt de travail au cours des deux dernières années, la plupart du temps en raison d’un trouble somatique (80%), moins fréquemment en raison d’un trouble psychique (20%).

De manière plus alarmante, 14% des jeunes médecins et étudiants en médecine déclarent avoir des idées suicidaires, dont plus de la moitié travaille plus de 48h par semaine et considère son état de santé comme mauvais ou moyen. Aussi, la consommation de médicaments est importante chez les jeunes médecins et les étudiants, notamment la prise d’antalgiques et d’anxiolytiques. En revanche, malgré une consommation importante de certains médicaments, seuls 32% des répondants avaient consulté un praticien de médecine générale au cours de la dernière année.

Les jeunes médecins et étudiants en médecine sont soumis à rude épreuve. Presque la moitié (40%) d’entre eux travaille entre 48 et 60 heures par semaine. Peu de repos, et beaucoup de stress : la moitié d’entre eux déclare être confrontée au stress chaque semaine. Ces conditions de travail ont un impact direct sur la vie sociale, les performances au travail, et la consommation de substances addictogènes. Ainsi, un tiers des jeunes médecins et étudiants en médecine consomme de l’alcool tous les jours ou plusieurs fois par semaine, et pour 4%, des psychotropes.

Le surmenage des jeunes médecins est une réalité qu’il est nécessaire de prendre en compte. Le burn-out sévit de plus en plus, en raison du poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes praticiens ; ce mal est insidieux puisqu’il peut se propager rapidement en raison de la surcharge de travail induite par l’absence d’un collègue. Les hôpitaux manquent cruellement de moyens, il est nécessaire d’arrêter la casse et d’augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière pour garantir un exercice de la médecine dans des conditions optimales pour le bien-être de tous, praticiens et patients. Il est également nécessaire d’agir en amont afin que les services d’urgence cessent d’être surchargés de cas ne présentant aucune situation d’urgence.

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Le chômage tue quatre fois plus que les accidents de la route

Le chômage est à ce jour la première préoccupation des Français. En mai 2016, 5,69 millions de Français étaient inscrits en tant que demandeurs d’emploi, dans les catégories A, B et C. Ce fléau touche de manière très brutale les travailleurs peu qualifiés, les jeunes, les femmes, les séniors, ainsi que les personnes en situation de handicap. Depuis la crise de 2008, le taux de chômage a augmenté de près de 50% dans notre pays.

Le chômage s’accompagne la plupart du temps d’une situation deprécarité financière, l‘indemnisation, quand elle existe, ne joue qu’un rôle de filet de secours temporaire. Cependant, le chômage de longue durée fait rage, ce dernier pouvant s’étendre bien au-delà de la période d’indemnisation génère une pauvreté inouïePoint de compensation financière, ni de couverture santé efficace pour les victimes des politiques économiques menées depuis des décennies. Outre les difficultés financières qu’il entraine, le chômage a un impact social majeur : risque accru d’isolement et de séparation conjugale (les 700 licenciements récents chez Continental ont causé 250 séparations)équilibre familial perturbéconséquences sur la scolarité des enfants, etc

L’INSERM estime que les conséquences médico-psycho-sociales du chômage entrainent entre 10 et 14000 décès annuels, notamment en raison d’une prévalence plus élevée des maladies cardio-vasculaires et des cancers chez les personnes en situation de précarité : une augmentation de la consommation d’alcool et de tabac en raison du stress et de l’anxiété que provoque la précarité, ainsi qu’une alimentation de mauvaise qualité notamment en raison de revenus faibles, peuvent expliquer ces effets néfastes sur la santé. Du point de vue de la santé mentale, un quart de nos concitoyens en situation de recherche d’emploi sont sujets à la dépression (24% des hommes et 26% des femmes; Dares, 2015), et la courbe des suicides suit celle du chômage (une augmentation du taux de chômage de 10% entraîne une hausse de 1,5% du nombre de suicides), alors que notre pays est déjà un mauvais élève en la matière.

Cet aspect du chômage est souvent ignoré et une certaine lassitude vis-à-vis du chômage s’installe dans la population, entrainant un regard souvent négatif sur nos compatriotes sans emploi. En l’état actuel de notre pays, rien ne laisse présager une amélioration significative sur le plan de l’emploi, qui devient un véritable enjeu de santé publique de par les dégâts collatéraux qu’il engendre. Il peut être pertinent de créer un service de médecine préventive pour les demandeurs d’emploi, tel qu’il existe dans les entreprises pour les travailleurs, afin de minimiser l’impact médico-psychologique de la précarité, en offrant un accès à des soins adaptés, et à un soutien psychologique, aux demandeurs d’emploi, et assurer une prévention adéquate au plus proche de la situation des précaires.

Il est nécessaire d’agir sans plus attendre pour retrouver l’emploi dans notre pays, puisque la situation intenable dans laquelle nous avons été plongés par des décennies d’une gouvernance dangereuse impacte fortement la santé mentale et physique des Français, leur intégration sociale, et pèse également très lourdement sur les finances publiques.

Réponse au « Magazine de la santé » de France 5 daté du 1er juin 2016

Dr. CARRERE D’ENCAUSSE, Dr. CYMES,

   Le collectif « Usagers de la santé » tient tout d’abord à vous remercier du temps que vous lui avez consacré au cours de votre émission du mercredi 1er juin 2016. Cependant, le portrait en demi-teinte qui en a été dressé par votre invité, M. SAOUT, appelle, en revanche, quelques rectifications et commentaires.

   Notre collectif a vocation à rassembler comme son nom l’indique, les usagers de la santé, c’est-à-dire tous les Français, y compris les professionnels de santé, qui, cela ne vous aura échappé, sont également des usagers de la santé à part entière. N’ont été présentés à la presse le 17 mai que les membres fondateurs, au nombre de cinq, dont une des missions sera, bien sûr, de recruter de nouveaux membres, professionnels de santé ou non, impliqués d’une manière ou d’une autre dans le domaine de la santé. Notre but est que toutes les composantes soient représentées dans ce collectif de façon à élaborer les bases d’une politique de santé qui soit ambitieuse, innovante, et réellement profitable à tous les Français, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

   Votre invité note que la plupart des catégories de notre site internet sont encore vides, ce qui est exact. Vous avez compris que les différents onglets correspondent aux questions que nous souhaitons traiter et qui entrent en résonnance avec les attentes de nos compatriotes. Vous remarquerez qu’elles sont nombreuses. Les pages correspondantes seront complétées au fil de nos travaux et réflexions qui se feront sous formes de consultations d’associations d’usagers, de professionnels médicaux et paramédicaux, et de directeurs d’établissements publics et privés. Tous les Français souhaitant participer à nos travaux sont ainsi invités à nous rejoindre dans notre projet, en fonction de la connaissance qu’ils peuvent avoir de tel ou tel domaine de la santé et de l’expérience qu’ils souhaitent partager.

   Aussi, votre invité émet des critiques de fond sur lesquelles nous souhaitons revenir. En effet, alors que M. Saout assène que les budgets alloués à la santé n’ont pas été rognés, cette vérité est purement sémantique, puisque si l’ONDAM augmente bien chaque année, cette augmentation n’est pas à la hauteur de l’augmentation des besoins. La population française vieillit, les soins coûtent de plus en plus cher, la population augmente, et celle-ci compte de plus en plus de malades chroniques et de personnes en situation de précarité – bénéficiant ipso facto d’un remboursement de leurs soins à 100%, respectivement par le biais des ALD et de la CMU/CMU-C. L’augmentation de l’ONDAM que votre invité mentionne est donc un contre-argument fallacieux, puisque ladite augmentation n’est pas manifestement suffisante pour conserver des soins de qualité. Votre invité mentionne également l’aide médicale d’état (AME) qu’il évalue à 500 millions d’euros par an, alors que les dernières estimations avancent une prévision de 1,1 milliard d’euro pour 2016. M. Saout fait ensuite un parallèle bancal entre l’AME et l’hôpital de Calais qui « ne pourrait vivre sans ses patients anglais » ; quelle malhonnêteté intellectuelle ! L’AME bénéficie principalement aux étranges présents sur le territoire national en situation irrégulière. Or les patients anglais mentionnés ne se rendent pas illégalement à Calais pour se faire soigner, mais viennent en parfaite légalité, et s’acquittent de leur facture.

   Enfin, il est nécessaire de préciser que votre invité est loin d’être l’intervenant impartial qu’il prétend être puisqu’il est le secrétaire général du Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS), doté d’un budget de 3 millions d’euros, majoritairement abondé par la Direction Générale de la Santé, c’est-à-dire le Ministère de la Santé, dont il est un des vecteurs d’opinion. Son point de vue ne peut ainsi pas être considéré comme objectif et impartial.

   Nous considérons que les usagers et les professionnels de la santé doivent s’engager dans un combat commun pour la restauration de l’excellence de notre système de santé. Seul le dialogue entre usagers et professionnels sera à même de répondre aux attentes de chacun, dans le respect de tous. Notre objectif essentiel est de remettre le patient au centre de la politique de santé, et de permettre à tous les Français l’accès à des soins de qualité sur tout le territoire national.

   Les membres du collectif « Usagers de la santé » se tiennent disponible pour venir à votre rencontre et échanger sur notre fonctionnement et nos objectifs.

Cordialement,
Les membres fondateurs du Collectif « Usagers de la santé »

Lien vers l’émission (à partir de 25 min 20) :
http://www.allodocteurs.fr/emissions/le-magazine-de-la-sante/le-magazine-de-la-sante-du-01-06-2016_25883.html

Conférence de lancement du Collectif

Interventions des membres fondateurs du Collectif « Usagers de la santé » lors de la conférence de lancement du 17 mai 2016 :

 

Discours de clôture de Marine Le Pen :

 

Le gouvernement français crée la médecine en pièces détachées sur ordre de Bruxelles

Le gouvernement de Manuel Valls projette actuellement de transposer en droit français une directive européenne (2013/55/UE) permettant aux ressortissants de l’Union Européenne d’exercer à titre partiel plusieurs professions réglementées, sans en posséder l’ensemble des compétences requises. Appliquée au domaine de la santé, cette aberration induit des risques considérables : baisse de la sécurité et de la qualité des soins, problèmes de continuité et de coordination des soins, introduction d’une complexité inutile dans l’ensemble de notre système santé.
Concrètement, le projet du gouvernement vise à créer des sous-spécialités médicales, ce qui aurait pour conséquence l’apparition de nouvelles professions partiellement qualifiées, décomposant la médecine façon puzzle et contrevenant de fait à la bonne coordination des professionnels de santé, seuls à même de garantir la qualité et la sécurité du parcours de soin.
C’est à l’Ordre national des Médecins qu’il reviendra d’accorder aux ressortissants étrangers l’autorisation d’exercer à titre partiel en France. Or, il y a fort à craindre que la sélection ne devrait pas être trop rude, puisque le service juridique du Conseil National de l’Ordre des Médecins avance qu’il y a « peu de danger en réalité ». Le collectif RBM « Usagers de la santé » considère pour sa part que peu de danger est déjà trop de danger, particulièrement lorsqu’il en va de la santé des Français.
Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ces mesures vont bénéficier à des professionnels de santé étrangers n’ayant pas les compétences réglementaires pour exercer leur spécialité en France, alors qu’il suffirait de desserrer le numerus clausus pour remédier en partie à la pénurie de médecins français.
En cela, l’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) est lucide et redoute « une absence de contrôle fiable » des professionnels étrangers qui demanderaient l’application de cette directive. La Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) craint quant à elle à juste titre que cette directive ne porte « atteinte à la qualité des soins en créant des sous-professions », produisant des demi-médecins qui seront autorisés à prodiguer certains actes mais pas d’autres. La CSMF demande que cette directive ne soit pas appliquée au domaine de la santé.
Le collectif RBM « Usagers de la santé » s’oppose fermement à cette nouvelle charge du gouvernement contre notre système de santé, livré aux appétits rapaces de Bruxelles. Seuls des professionnels dont la qualification correspond aux standards nationaux doivent pouvoir s’occuper de la santé des Français. Il est inadmissible que le gouvernement français continue de détruire ainsi notre système de santé. Le collectif RBM « Usagers de la santé » demande au gouvernement de ne pas appliquer cette directive au domaine de la santé, pour le bien-être et la sécurité de tous.

Les antibiotiques, c’est pas automatique : en marche vers l’état d’urgence bactérien

Aux États-Unis, une super-bactérie résistant à tous les antibiotiques a été découverte chez une patiente de 49 ans souffrant d’une infection urinaire. Il s’agit du premier cas de résistance à la colistine, un antibiotique de dernier recours.

Une nouvelle très inquiétante dans la mesure où il semblerait que le gène permettant la résistance aux antibiotiques soit capable de se répandre à d’autres souches bactériennes (Patrick McGann, 2016). Cependant, la question de l’antibiorésistance n’est pas nouvelle. Malgré cela, entre 30 et 50% des prescriptions d’antibiotiques seraient inutiles et inappropriées, contribuant au développement de l’antibiorésistance. Une étude de 2015 (O’Neill) estime qu’à l’horizon 2050, l’antibiorésistance causerait plus de 10 millions de décès par an.

En 2011, la France a lancé un plan d’alerte sur les antibiotiques se fixant un objectif de réduction de consommation d’antibiotiques de 25%, or les résultats ne sont pas au rendez-vous puisqu’au lieu de s’amenuiser, la consommation d’antibiotique ne cesse d’augmenter (+5,9% entre 2011 et 2014) et la France reste championne d’Europe en la matière. Ainsi, on dénombre chaque année dans notre pays plus de 12.500 décès imputables à une infection bactérienne résistante. Une nouvelle fois, les gouvernements UMP et PS successifs font preuve d’une incapacité totale à agir de manière efficace. Or, les problèmes que pose l’antibiorésistance sont multiples : conséquences à moyen-terme sur la santé de la population, dégradation de la sécurité et de la continuité des soins, risque accru en cas d’attaque bioterroriste, enjeux économiques pour la sécurité sociale…

Marisol Touraine, plutôt que d’entreprendre une réflexion concrète sur le sujet, n’a fait qu’annoncer le lancement d’une campagne de communication d’ici à l’an prochain, et s’en remet à la Commission Européenne pour élaborer un nouveau cadre règlementaire. Un aveu de faiblesse doublé d’une véritable délégation de responsabilité à une commission de technocrates non élus, déconnectés des réalités nationales.

Il est nécessaire d’agir puisque le développement de l’antibiorésistance pourrait menacer à court ou moyen-terme les soins hospitaliers courants ainsi que les malades du cancer sous chimiothérapie (Teillant, 2015). En effet, la chimiothérapie déprime le système immunitaire mettant les patients sous le joug d’infections multiples, et dans le cas des chirurgies, des bactéries nocives se nichent dans les sutures dans plus de 90% des cas.

Le collectif RBM « Usagers de la santé » en appelle à une augmentation des budgets de la recherche biomédicale afin de favoriser le développement de nouvelles molécules capables de lutter contre les bactéries résistantes. Il est également impérieux de mener une politique interministérielle, en partenariat avec les ministères de l’environnement et de l’agriculture, afin de réguler les rejets d’antibiotiques dans les sols et les eaux usées. Des stratégies innovantes doivent être élaborées pour faire diminuer la consommation d’antibiotiques. La santé des Français ne doit pas être déléguée à des technocrates non élus, et c’est un véritable ministère de la santé qui doit prendre en charge les problèmes de santé publique qui se posent aujourd’hui.