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Marisol Touraine promet 478 médecins de plus… dans 10 ans !

Le 24 novembre, Marisol Touraine a annoncé que l’édition 2017 du concours d’accès aux études de santé admettrait 478 étudiants supplémentaires, répartis sur 22 facultés de médecine. Il s’agit d’une augmentation de 6,2% au niveau national.

Cette augmentation est risible, puisque l’on estime qu’en 2020 le nombre de médecins par habitant sera inférieur de 7% à celui de 2007, tandis que la population vieillit, que les pathologies chroniques sont en recrudescence, et qu’ainsi les besoins augmentent fortement. La pénurie de médecins, notamment généralistes, et la désertification médicale de certains territoires ne seront pas enrayées par cette mesurette, sur laquelle même les organisations professionnelles et étudiantes émettent des réserves.

S’il faut relever le numerus clausus pour former plus de médecins dans les universités françaises, cette mesure ne peut pas intervenir de manière isolée. Il faut également doter les facultés de médecine et les hôpitaux associés des moyens financiers, matériels et humains pour assurer la formation des étudiants supplémentaires. De plus, selon le Conseil de l’Ordre des médecins, plus d’un quart des jeunes diplômés en médecine n’exerceront pas la médecine, préférant se diriger vers d’autres carrières. Il faut également tenir compte de cette statistique pour adapter le numerus clausus, les 6,2% annoncés par Marisol Touraine ne compensent pas les 25% d’admis qui ne s’inscriront jamais à l’Ordre. Un oral de motivation au concours de première année de médecine permettrait d’intégrer le facteur humain à une sélection qui se base exclusivement sur des critères académiques.

Beaucoup de choses peuvent être faites, en adoptant une approche globale et à long-terme en sortant de l’électoralisme et des effets d’annonce. On ne badine pas avec la santé des Français.

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Communiqué de Nicole Hugon

   Cher(e)s collègues,

   Le 8 novembre dernier, les trois collèges (public, libéral et privé) ainsi que tous les modes d’exercices de la profession d’infirmier se sont réunis publiquement pour protester contre leurs conditions de travail.

   Lors du lancement de notre collectif, je lançais déjà un cri de détresse et rappelais le déclin quotidien de notre profession, minée par des salaires de plus en plus misérables, une pénibilité croissante, un manque de reconnaissance de la profession dans ses responsabilités exigeantes, une surcharge de travail, une nomenclature des actes libéraux obsolète avec des tarifs dérisoires, des réductions de prise en charge et des actes non rétribués.

   Nous n’attendons plus grand chose du Ministère compte tenu de la politique qu’il mène depuis le début du quinquennat, cependant nous espérons que ce vaste mouvement permettra à Marisol Touraine, ainsi qu’à tous les responsables politiques en charge de la santé, de prendre au sérieux ces légitimes revendications, avant que d’autres plus amples encore ne voient le jour demain.

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Nicole Hugon
Infirmière libérale
Vice-présidente du collectif