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Pharmacies en danger : plus qu’un cri d’alarme, un appel au secours !

   En France, tous les deux jours, une pharmacie met la clé sous la porte. Rien qu’au premier trimestre 2016, 50 officines ont cessé leur activité. Par ailleurs, alors qu’il avait déjà reculé de 1% en 2014, le chiffre d’affaire des pharmacies a encore diminué de 1,4% en moyenne en 2015, et jusqu’à -3.4 % pour les plus petites officines. Avec une marge commerciale qui ne cesse de s’éroder et un excédent brut d’exploitation en repli constant : la pharmacie française est en danger !

   Face à ce constat, en juillet dernier, les représentants de neuf organisations professionnelles (Ordre National des Pharmaciens, Étudiants en Pharmacie, Pharmacie Rurale, Groupements et Enseignes, …) ont rédigé un « Manifeste pour la défense de la pharmacie d’officine », avec pour objectif d’amener le gouvernement et la Ministre de la Santé à prendre leurs responsabilités.

   Depuis trop longtemps, pour les gouvernements de gauche ou de droite, la pharmacie est le parent pauvre du système de santé et trop souvent une variable d’ajustement du déficit budgétaire de la sécurité sociale. « Se plaindre en silence, c’est terminé », selon le président d’un des syndicats rédacteurs du Manifeste.

   Les pharmaciens sont bien décidés à se faire entendre et la rentrée pourrait être mouvementée si aucune proposition ne devait leur être faite. Les pistes sont pourtant nombreuses afin d’inverser une situation qui pénalise et pénalisera les usagers de la santé.

   Les 22000 officines pharmaceutiques françaises représente un secteur de 110000 hommes et femmes au service de la population. Elles accueillent quotidiennement 3 millions de Français, sont ouvertes six jours par semaine, organisent les gardes le dimanche et la nuit afin d’assurer un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Quelques pistes de réflexion pour apporter des solutions au secteur de la pharmacie d’officine :

  • Ouvrir des missions de prévention et de dépistage aux pharmaciens, permettant de pallier une baisse du nombre de médecins généralistes proche de 10% au cours des 10 dernières années et qui touche 81 départements ;
  • Favoriser la coordination interprofessionnelle, en particulier grâce au dossier numérique, pour assurer au mieux le suivi d’une population qui, comme dans tous les pays d’Europe, vieillit ;
  • Élargir le droit de substitution des médicaments « bio-similaires » ainsi que le répertoire de médicaments génériques ;
  • Délister certaines molécules actuellement sur prescription médicale obligatoire (un potentiel de 90 médicaments qui pourraient passer en prescription médicale facultative) ;
  • Revaloriser les entretiens thérapeutiques et la mise en place des tests rapides de diagnostic ;
  • Développer la médication officinale assortie de l’assurance du monopole de délivrance.

   Dès lors que les pharmaciens sont prêts à assurer leur rôle d’acteur majeur du parcours de soin et du système de santé, le Collectif Usagers de la Santé n’hésitera pas à relever ce défi avec eux, un défi va bien au-delà de l’assurance d’une délivrance sécurisée du médicament.