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Suicide d’une infirmière à l’hôpital Monod du Havre

Nous apprenions cette semaine, avec consternation et douleur, la disparition subite d’une infirmière de l’hôpital Monod du Havre, qui a mis fin à ses jours. Nos pensées vont d’abord à sa famille, à qui nous présentons nos condoléances, ainsi que notre soutien dans cette épreuve.

Dans la lettre qu’elle a laissée derrière elle, l’infirmière met en cause principalement les conditions de travail dans lesquelles le personnel évolue au sein de cet établissement. Elle y dénonce la pression exercée par sa hiérarchie qui, dans le cadre d’une politique de suppression de postes et de polyvalence, réorganise l’hôpital sans concertation, chamboulant la répartition du travail, poussant les personnels à bout de leurs capacités physiques et psychologiques.

Dans son courrier, l’infirmière aurait remis en cause, entre autres, le cas d’un enfant qu’elle aurait dû prendre en charge en réanimation, dans des conditions nécessitant des compétences spécifiques auxquelles elle n’avait pas été formée. Elle en avait notamment fait part à un cadre de l’hôpital qui était resté sourd à ses réticences quant à son changement de service.

Cela fait de nombreuses années que les personnels soignants pointent des conditions de travail se détériorant jour après jour : surcharge de travail, manque de personnel, pénibilité non reconnue, stress permanent mal évalué, salaire dérisoire au vu des responsabilités, …

Le Collectif Usagers de la Santé demande que le budget des hôpitaux soit réévalué afin de pouvoir recruter suffisamment de personnel et permettre des conditions d’exercice optimales pour le bien-être des soignants et des patients. Le salaire des personnels soignants doit être revu à la hausse, et la pénibilité de ces métiers doit être reconnue à sa juste valeur. Le management hospitalier ne doit pas mimer celui de l’entreprise, car l’hôpital n’est pas une usine, la santé n’est pas un bien marchand; dans ce cadre, le stress intense et la pression peuvent entrainer des erreurs fatales. Le suicide des soignants doit également être considéré comme un accident du travail, et des mesures préventives doivent être mises en place, notamment par le biais de la médecine du travail. Il est urgent d’agir pour l’hôpital, les soignants et la santé des Français.

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Marisol Touraine n’aime pas les personnes âgées

Contre l’avis des médecins, des familles, et surtout des associations qui prennent en charge les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la Haute Autorité de la Santé, dépendant du ministère, veut dérembourser les quatre médicaments utilisés dans cette maladie.

Cette décision politique, indigne au 21ème siècle dans un pays moderne, et qui vient de l’analyse du Service Médical Rendu (SMR) est prématurée, injustifiée, et dangereuse dans le cadre de la prise en charge globale de la maladie d’Alzheimer.

Outre les effets positifs, aussi bien thérapeutiques que psychologiques des ces traitements, nous sommes face à un choix de société, avec un très mauvais signal envoyé aux familles, aux patients, qui sont souvent des Personnes Âgées atteintes par cette maladie, les incitant à penser que l’on ne peut rien faire pour eux, et qu’ils coûtent trop cher à la collectivité.

La prise en charge de ces 4 médicaments par la Sécurité Sociale était en 2011 de 65%, elle est aujourd’hui de 15%, et demain de 0%, ce qui entraînera pour tous ces patients un arrêt de la prise en charge des mutuelles, et qui obligera ces patients à assurer personnellement la prise en charge financière totale de ces traitements.
La conséquence immédiate sera pour un grand nombre d’entre eux l’abandon de toute thérapeutique.

Plusieurs médicaments « dits de confort  » utilisés essentiellement par les Personnes Agées avaient déjà été déremboursés, et pourtant, les études réalisées montrent que sur le long terme, aucune économie n’est réalisée par la sécurité sociale.

  • En 2012 la réforme fiscale a fait perdre aux Personnes Âgées les quelques maigres avantages qu’ils avaient acquis
  • En 2015 l’augmentation de la CSG va pénaliser 460 000 retraités,
  • Aujourd’hui on attaque une nouvelle fois le pouvoir d’achat des personnes âgées à travers ce qui est essentiel à leurs yeux, leur santé, juste pour les priver d’un peu de confort médicamenteux sans danger.

Une société incapable de respecter et de prendre en charge ses aînés est une société sans avenir.