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Les médecins ne sont pas des surhommes

Les médecins ne sont pas des surhommes. Ils sont des être humains, confrontés aux aléas de la vie, au stress, au surmenage… L’Ordre des Médecins a mené une enquête en 2015 sur les conditions de vie des étudiants en médecine et des jeunes médecins.

De cette consultation sont sortis des résultats inquiétants. Près d’un quart des jeunes médecins et étudiants en médecine déclare avoir un état de santé moyen ou mauvais. Ainsi le tiers des étudiants en médecine et plus de la moitié des internes ont eu au moins un arrêt de travail au cours des deux dernières années, la plupart du temps en raison d’un trouble somatique (80%), moins fréquemment en raison d’un trouble psychique (20%).

De manière plus alarmante, 14% des jeunes médecins et étudiants en médecine déclarent avoir des idées suicidaires, dont plus de la moitié travaille plus de 48h par semaine et considère son état de santé comme mauvais ou moyen. Aussi, la consommation de médicaments est importante chez les jeunes médecins et les étudiants, notamment la prise d’antalgiques et d’anxiolytiques. En revanche, malgré une consommation importante de certains médicaments, seuls 32% des répondants avaient consulté un praticien de médecine générale au cours de la dernière année.

Les jeunes médecins et étudiants en médecine sont soumis à rude épreuve. Presque la moitié (40%) d’entre eux travaille entre 48 et 60 heures par semaine. Peu de repos, et beaucoup de stress : la moitié d’entre eux déclare être confrontée au stress chaque semaine. Ces conditions de travail ont un impact direct sur la vie sociale, les performances au travail, et la consommation de substances addictogènes. Ainsi, un tiers des jeunes médecins et étudiants en médecine consomme de l’alcool tous les jours ou plusieurs fois par semaine, et pour 4%, des psychotropes.

Le surmenage des jeunes médecins est une réalité qu’il est nécessaire de prendre en compte. Le burn-out sévit de plus en plus, en raison du poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes praticiens ; ce mal est insidieux puisqu’il peut se propager rapidement en raison de la surcharge de travail induite par l’absence d’un collègue. Les hôpitaux manquent cruellement de moyens, il est nécessaire d’arrêter la casse et d’augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière pour garantir un exercice de la médecine dans des conditions optimales pour le bien-être de tous, praticiens et patients. Il est également nécessaire d’agir en amont afin que les services d’urgence cessent d’être surchargés de cas ne présentant aucune situation d’urgence.