Le gouvernement français crée la médecine en pièces détachées sur ordre de Bruxelles

Le gouvernement de Manuel Valls projette actuellement de transposer en droit français une directive européenne (2013/55/UE) permettant aux ressortissants de l’Union Européenne d’exercer à titre partiel plusieurs professions réglementées, sans en posséder l’ensemble des compétences requises. Appliquée au domaine de la santé, cette aberration induit des risques considérables : baisse de la sécurité et de la qualité des soins, problèmes de continuité et de coordination des soins, introduction d’une complexité inutile dans l’ensemble de notre système santé.
Concrètement, le projet du gouvernement vise à créer des sous-spécialités médicales, ce qui aurait pour conséquence l’apparition de nouvelles professions partiellement qualifiées, décomposant la médecine façon puzzle et contrevenant de fait à la bonne coordination des professionnels de santé, seuls à même de garantir la qualité et la sécurité du parcours de soin.
C’est à l’Ordre national des Médecins qu’il reviendra d’accorder aux ressortissants étrangers l’autorisation d’exercer à titre partiel en France. Or, il y a fort à craindre que la sélection ne devrait pas être trop rude, puisque le service juridique du Conseil National de l’Ordre des Médecins avance qu’il y a « peu de danger en réalité ». Le collectif RBM « Usagers de la santé » considère pour sa part que peu de danger est déjà trop de danger, particulièrement lorsqu’il en va de la santé des Français.
Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ces mesures vont bénéficier à des professionnels de santé étrangers n’ayant pas les compétences réglementaires pour exercer leur spécialité en France, alors qu’il suffirait de desserrer le numerus clausus pour remédier en partie à la pénurie de médecins français.
En cela, l’Union Nationale des Professionnels de Santé (UNPS) est lucide et redoute « une absence de contrôle fiable » des professionnels étrangers qui demanderaient l’application de cette directive. La Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) craint quant à elle à juste titre que cette directive ne porte « atteinte à la qualité des soins en créant des sous-professions », produisant des demi-médecins qui seront autorisés à prodiguer certains actes mais pas d’autres. La CSMF demande que cette directive ne soit pas appliquée au domaine de la santé.
Le collectif RBM « Usagers de la santé » s’oppose fermement à cette nouvelle charge du gouvernement contre notre système de santé, livré aux appétits rapaces de Bruxelles. Seuls des professionnels dont la qualification correspond aux standards nationaux doivent pouvoir s’occuper de la santé des Français. Il est inadmissible que le gouvernement français continue de détruire ainsi notre système de santé. Le collectif RBM « Usagers de la santé » demande au gouvernement de ne pas appliquer cette directive au domaine de la santé, pour le bien-être et la sécurité de tous.

Les antibiotiques, c’est pas automatique : en marche vers l’état d’urgence bactérien

Aux États-Unis, une super-bactérie résistant à tous les antibiotiques a été découverte chez une patiente de 49 ans souffrant d’une infection urinaire. Il s’agit du premier cas de résistance à la colistine, un antibiotique de dernier recours.

Une nouvelle très inquiétante dans la mesure où il semblerait que le gène permettant la résistance aux antibiotiques soit capable de se répandre à d’autres souches bactériennes (Patrick McGann, 2016). Cependant, la question de l’antibiorésistance n’est pas nouvelle. Malgré cela, entre 30 et 50% des prescriptions d’antibiotiques seraient inutiles et inappropriées, contribuant au développement de l’antibiorésistance. Une étude de 2015 (O’Neill) estime qu’à l’horizon 2050, l’antibiorésistance causerait plus de 10 millions de décès par an.

En 2011, la France a lancé un plan d’alerte sur les antibiotiques se fixant un objectif de réduction de consommation d’antibiotiques de 25%, or les résultats ne sont pas au rendez-vous puisqu’au lieu de s’amenuiser, la consommation d’antibiotique ne cesse d’augmenter (+5,9% entre 2011 et 2014) et la France reste championne d’Europe en la matière. Ainsi, on dénombre chaque année dans notre pays plus de 12.500 décès imputables à une infection bactérienne résistante. Une nouvelle fois, les gouvernements UMP et PS successifs font preuve d’une incapacité totale à agir de manière efficace. Or, les problèmes que pose l’antibiorésistance sont multiples : conséquences à moyen-terme sur la santé de la population, dégradation de la sécurité et de la continuité des soins, risque accru en cas d’attaque bioterroriste, enjeux économiques pour la sécurité sociale…

Marisol Touraine, plutôt que d’entreprendre une réflexion concrète sur le sujet, n’a fait qu’annoncer le lancement d’une campagne de communication d’ici à l’an prochain, et s’en remet à la Commission Européenne pour élaborer un nouveau cadre règlementaire. Un aveu de faiblesse doublé d’une véritable délégation de responsabilité à une commission de technocrates non élus, déconnectés des réalités nationales.

Il est nécessaire d’agir puisque le développement de l’antibiorésistance pourrait menacer à court ou moyen-terme les soins hospitaliers courants ainsi que les malades du cancer sous chimiothérapie (Teillant, 2015). En effet, la chimiothérapie déprime le système immunitaire mettant les patients sous le joug d’infections multiples, et dans le cas des chirurgies, des bactéries nocives se nichent dans les sutures dans plus de 90% des cas.

Le collectif RBM « Usagers de la santé » en appelle à une augmentation des budgets de la recherche biomédicale afin de favoriser le développement de nouvelles molécules capables de lutter contre les bactéries résistantes. Il est également impérieux de mener une politique interministérielle, en partenariat avec les ministères de l’environnement et de l’agriculture, afin de réguler les rejets d’antibiotiques dans les sols et les eaux usées. Des stratégies innovantes doivent être élaborées pour faire diminuer la consommation d’antibiotiques. La santé des Français ne doit pas être déléguée à des technocrates non élus, et c’est un véritable ministère de la santé qui doit prendre en charge les problèmes de santé publique qui se posent aujourd’hui.

Journée internationale des infirmières et infirmiers

Lettre de Marine Le Pen aux infirmières et infirmiers

Aujourd’hui, comme chaque 12 mai, a lieu la Journée Internationale des Infirmières et Infirmiers. C’est l’occasion pour moi de rendre un hommage mérité à celles et ceux qui, par vocation, se sont engagés à donner de leur personne pour notre bien-être et prendre soin de nous dans les moments les plus difficiles, comme les plus heureux. Les infirmiers constituent le socle de notre système de santé, ils sont représentés à tous les étages et dans toutes les spécialités.

Sur ces individus d’exception reposent bien souvent des responsabilités énormes pour lesquelles ils n’ont que peu de reconnaissance, financière ou morale. C’est ainsi qu’un infirmier hospitalier débutant percevra en moyenne un traitement net de 1600€, inférieur de 10% au salaire médian des Français. Le pouvoir d’achat des fonctionnaires hospitaliers, en particulier des infirmiers, s’effondre de manière continue, année après année, dans la plus grande indifférence des autorités. Pas d’étonnement si la tentation d’aller exercer à l’étranger est grande, notamment dans les régions frontalières : le salaire moyen des infirmiers luxembourgeois est deux à cinq fois supérieur à celui de leurs homologues français. Les infirmiers doivent être rémunérés à la hauteur de leurs compétences et de l’importance qu’ils jouent dans notre système de santé. Lire la suite